SANS PARDON

, par Estelle

L’opiniâtre US Marshal Masterson tue la femme du hors-la-loi Buck Carter et enlève son fils pour le forcer en vain à se rendre. Quelques années plus tard, son fils est à son tour devenu un « outlaw » sans pitié. Un western très violent au graphisme efficace.

"Sans pardon" sort à point en librairie alors que la 7e édition de l’Expo BD de Versailles (24 janvier au 22 février 2015) va mettre à l’honneur Hermann et que ce dernier est également dans la course pour être élu Grand prix de la Ville d’Angoulême 2015.

Pour ce one-shot, le dessinateur belge revient sur les terres 
sauvages de l’Ouest américain arpentées durant sa fameuse série "Comanche" scénarisée par 
Greg. Ici, le US Marshal Masterson est à la poursuite du hors-la-loi sans 
pitié Buck Carter qui, plutôt que se rendre, préfère laisser mourir sa 
femme. Son fils Jeb, lui, est abandonné aux mains d’un de ses hommes. Le gamin 
grandit et un jour parvient à fuir non sans avoir poignardé à mort son bourreau...
On a beau chercher, il n’y a pas de gentils dans cette sombre histoire imaginée par le fils d’Hermann, Yves H, où les protagonistes ne font que semer la désolation autour 
d’eux. Seulement des méchants à la gâchette facile ou au poignard adroit, capables de tuer sans aucun scrupule, qu’il soient représentants de la loi ou bandits. Difficile d’envisager un dénouement heureux à un tel récit, même lorsqu’il s’agit d’une histoire de rédemption... C’est là d’ailleurs que « Sans pardon » déçoit. Car sur la dimension psychologique liée à cette rédemption, l’album ne s’attarde pas. Les protagonistes de l’histoire semblent totalement dénués d’émotions et de pensées. En revanche, les cervelles explosent bien, le sang gicle, les cadavres s’accumulent...
De l’action pure qui laisserait donc un goût de trop s’il n’y avait les lumineuses planches en couleurs directes d’Hermann et ses représentations des grands espaces désertiques écrasés par le soleil. Efficace.

- Le Lombard