Rio - Tome 2. Les yeux de la favela

, par Estelle

Rubeus et Nina ont grandi, loin des bidonvilles brésiliens dont ils sont originaires mais la violence va les rattraper. Une fin de cycle encore plus violente et plus sombre. Un thriller réaliste et diablement efficace.

Cela fait dix ans que Rubeus et Nina ont été adoptés par de riches Américains et qu’ils vivent au milieu de la haute-bourgeoisie brésilienne. Mais lorsque Nina est enlevée et que tout accuse un chef de gang, Rubeus décide d’aller lui-même la libération de sa sœur.
Le premier tome nous plongeait déjà au coeur d’une ville très éloignée du Rio de carte postale. "Les yeux de la favela" monte encore d’un cran. L’enlèvement de Nina et la personnalité de Rubeus qui, malgré sa nouvelle vie, a gardé des attaches dans les bidonvilles et un regard critique sur la société hautement inégalitaire brésilienne, est l’occasion de montrer la corruption à tous les niveaux, la main-mise des Etats-Unis et surtout la misère d’une bonne partie de la population et la violence endémique. Aux vols, kidnappings et meurtres habituels laissés impunis par la police, voire même perpétrés par elle, s’ajoute une guerre entre gangs qui porte la tension à son comble dans les favelas. Cette violence qui se déchaîne au fil des pages n’a rien de gratuit : à travers le scénario, rythmé et riches en rebondissements, elle offre des scènes réalistes percutantes qui font froid dans le dos. C’est d’autant plus efficace que le dessin expressif de Corentin Rouge va dans le même sens… Et la fin de ce premier cycle - "Rio" est prévu en quatre tomes au total - n’est pas de nature à déclencher l’optimisme, la descente aux enfers semblant inéluctable.

Dessinateur : Corentin Rouge - Scénario : Louise Garcia et Corentin Rouge - Editeur : Glénat - Prix : 14,95 euros.