MERCI

, par Estelle

Une petite délinquante doit concéder 150h de travaux d’intérêts généraux au conseil communal. Une chronique social positive sur la jeunesse, un peu trop pétrie de bons sentiments.

Suite à de petits actes de vandalisme, Merci Zylberajch, adolescente gothique de 16 ans un peu paumée, est condamnée par le juge pour enfants à 150 heures de travaux d’intérêts généraux au sein du conseil municipal de Bredenne, dans la Marne. Un laps de temps pendant lequel elle devra développer un projet durable en faveurs des jeunes.
Zidrou est un grand optimiste, ses albums ("Lydie", "Tourne Disque", etc) en débordent et "Merci" ne déroge pas à la règle en donnant la parole aux jeunes et en évoquant leur désillusion face à l’avenir et leur rejet de la politique. Son ambition est d’ailleurs clairement affichée : "Tenir un discours positif sur la "djeunesse", croire en elle donnera certainement de meilleurs résultats que de la traiter toujours comme une irresponsable, immature, etc". Et d’enfoncer le clou : "Un pays qui a peur de sa jeunesse est un pays qui a perdu la foi en l’avenir".
Une histoire remplie de bons sentiments donc qui fonctionne plutôt bien au début : les personnages sont nombreux et attachants, les dialogues sont simples, parsemés d’un peu d’humour, et les réparties de l’adolescente au prénom improbable sont bien senties. Les planches d’Arno Morin ("L’envolée sauvage", "L’enfant maudit") - qui avoue n’avoir pas été emballé au départ pour dessiner des conseils communaux - sont sur la même ligne : tout en sobriété, expressivité et légèreté. Pourtant, "Merci" fait un peu l’effet d’un paquet de shamallows trop sucrés : à trop multiplier les bons sentiments, ils finissent par écoeurer surtout que finalement il ne se passe pas grand chose tandis que le scénariste semble ne jamais vouloir clore son récit avec un "épilogue" interminable... De "Merci", on retiendra donc surtout le message humaniste universel qui fait du bien.