LE DERNIER TROYEN - Tome 1. Le cheval de Troie

, par Estelle

Une grande fresque antique et spatiale qui conte les origines de la Rome galactique, décrite dans "Le Fléau des Dieux". Les amateurs de cette précédente série ne seront pas dépaysés : la tragédie est bien mise en scène mais sans surprise.

Troie, l’une des planètes les plus riches du quadrant galactique grec, est depuis dix ans assiégée par les Achéens. Mais une nuit, les flottes ennemies se retirent, ne laissant derrière eux qu’un étrange astéroïde sculpté en forme de cheval...
Et si la guerre de Troie s’était déroulée dans l’espace ? Après "Le Fléau des dieux" - rejouant l’affrontement du roi des Huns, Attila, et du général romain, Flavius Aetius, dans l’empire galactique d’un lointain futur - Valérie Mangin s’attaque à un épisode antérieur ultra connu de l’Antiquité : la prise de Troie par la ruse et donc le début d’un périple qui va conduire Enée à fonder la Rome galactique du "Fléau des Dieux".
Ne vous attendez pas à être surpris par ce premier tome. D’abord parce que l’histoire de ce cheval de Troie de l’espace est très fidèle à l’original : le prêtre Laocoon qui s’oppose à l’entrée du cheval dans la cité, le traître Sinon qui convainc les Troyens, les deux serpents interprétés comme le signe qu’il faut laisser entrer le cheval, les dieux qui s’acharnent contre Troie, etc. Bref, on sait à l’avance ce qui va arriver et il n’y a pas une once de suspense.
Rien de surprenant non plus dans l’univers décrit par cette nouvelle série. C’est le même que celui du "Fléau des Dieux", c’est-à-dire un mélange d’éléments futuristes et anciens, les vaisseaux spatiaux et les armes laser côtoyant une architecture et des dieux antiques aux noms familiers (Vénus, Minerve, Neptune, etc). Le choix de la science-fiction aurait pu permettre de présenter ces divinités comme des extra-terrestres par exemple mais Valérie Mangin a préféré coller de très près à la vision classique de ces divinités, invisibles mais omnipotentes, manipulant les hommes comme des pions, les obligeant à suivre une voie toute tracée. Considérés comme de vulgaires pantins, les protagonistes n’ont donc pas dans ce premier tome de véritable épaisseur et on a, de fait, beaucoup de mal à s’attacher à eux.
Les visages figés et trop peu expressifs ne favorisent d’ailleurs pas l’attachement. Le reste du dessin de Thierry Demarez, qui signe ici son premier album, est pourtant soigné et les scènes de combats et d’explosions sont convaincantes.
La première édition du "Cheval de Troie" s’accompagne d’un cahier couleur de huit pages racontant les origines de Rome avec Remus et Romulus.

- Soleil