L’ ARGENT FOU DE LA FRANÇAFRIQUE

, par Estelle

Comment des élites africaines et françaises ont détourné des sommes d’argent faramineuses pour leur enrichissement personnel ou leur carrière politique. Une enquête édifiante et parfaitement expliquée sur les biens mal acquis.

En 2017, Teodorin Nguema Obiang, fils du président de Guinée Equatoriale, est condamné en France pour blanchiment de bien social et recel de détournements de fonds publics, six ans après la saisie de ses véhicules de luxe et 11 ans après une première plainte d’ONG. Une première mondiale et la conclusion d’une bande dessinée destinée à nous faire comprendre les rouages de ce qu’on appelle l’affaire des biens mal acquis.
Le journaliste Xavier Harel signe ainsi une enquête commencée quelques années plus tôt dans La Revue Dessinée avec le dessinateur Julien Solé. Les liens étroits entretenus depuis des décennies entre les politiques, les grandes entreprises et les banques françaises et les dirigeants africains sont expliqués avec soin, étape par étape, et sont particulièrement choquants quand on sait par exemple que le PIB de la Guinée équatoriale est supérieur à l’Espagne mais que 60% des Equato-guinéens vivent avec moins d’un dollar par jour… Le cas de la famille Obiang de Guinée et ses dépenses somptuaires est particulièrement pointé du doigt mais les dictateurs dirigeant le Congo-Brazzaville et le Gabon sont également cités. On retrouve également des noms comme Guéant, Sarkozy ou Villepin au coeur de ces édifiants circuits d’argent... Bref, c’est clair comme de l’eau de roche, concret et efficace.
Si une bataille a été gagnée, si "L’argent fou de la Centrafrique" se clôt sur une note plutôt optimiste, la guerre contre les biens mal acquis n’est pas terminée et les complicités occidentales ont jusqu’ici échappé à la justice. A noter l’interview en fin d’album de Jean Merckaert, ancien chargé de mission "financement du développement" au Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD- Terre Solidaire), l’une des premières ONG à avoir dénoncé le scandale.

Dessinateur : Julien Solé - Scénariste : Xavier Harel - Editeur : Glénat - Prix : 17,50 euros.