L’AIGLE ET LA SALAMANDRE - Tome 1. Naissance dans le brasier

, par Estelle

Gaius Atius Mus reçoit la mission de découvrir l’identité des responsables du grand incendie de Rome en 64 après JC. Une enquête policière post-apocalyptique réaliste.

C’est par un fait historique bien réel que débute "L’Aigle et la Salamandre" : le grand incendie qui ravagea Rome en 64 après J-C sous le règne de Néron. Gaius Atius Mus perd son père dans la catastrophe et du même coup toute sa fortune : assureur, le patriarche avait fait signé à tour de bras des contrats incendie dans une ville qui en compte trois par jour… Le jeune homme n’aura pas le temps de s’apitoyer sur son sort car le préfet Tigellin, que les rumeurs accusent d’être à l’origine de l’incendie, l’oblige à enquêter pour trouver les coupables.
Les premières planches de ce polar historique en deux tomes donnent pleinement la mesure de l’ampleur de la catastrophe qui fit des milliers de morts et plus de 200.000 sans-abris. L’ambiance est saisissante : des édifices ravagés par les flammes, des cris de douleur, des rues crasseuses où s’entassent ceux qui ont tout perdu, un peuple en colère qui cherche désespérément les coupables… Sur ce plan, le travail à quatre mains des Italiens Guiseppe Quattrocchi au dessin et Alessio Lapo au story-board ("Le Codex sinaïticus", "Les Seigneurs de Cornwall") est plutôt réussi. Le flou de certaines cases et les visages trop inexpressifs et parfois difficiles à différencier les uns des autres laissent en revanche à désirer. Reste que l’intrigue de Stéphane Piatzszek, qui met un peu de temps à démarrer, s’avère plutôt intéressante car elle met en scène de manière naturelle et sur un ton moderne, un enquêteur au coeur du quotidien de la Rome antique.

Dessinateur : Giuseppe Quattrocchi - Scénariste : Stéphane Piatzszek - Editeur : Soleil, collection Quadrants - Prix : 14,50 euros.