IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’EST - Tome 1

, par Estelle

La vie de la célèbre danseuse américaine Isadora Duncan durant les années 1920. Un premier volet plein de charme qui met en lumière une femme étonnante, pleine d’audace.

Auteurs de "Pablo", vivant récit de la jeunesse parisienne de Picasso, Julie Birmant et Clément Oubrerie se penchent cette fois sur la vie de la danseuse américaine Isadora Duncan et l’improbable couple qu’elle forma avec le poète russe Sergueï Essenine de 18 ans son cadet.
D’elle le grand public connaît surtout sa fin tragique - à Nice en 1927, sa grande écharpe rouge se prit dans les roues de sa voiture et elle fut éjectée sur la chaussée - mais cet épisode est à peine esquissé dans les premières pages de cette histoire prévue en deux tomes. Mêlant différentes époques pas forcément chronologiques : en 1923 à Moscou quand Serguei Essenine rencontre un ami et lui raconte son aventure américaine aux côté de son épouse, en 1921 lorsque la danseuse débarque à Moscou invitée à danser devant Lénine et désire monter son école de danse, en 1895 à San Francisco quand Isadora encore toute jeune fille décide d’aller chercher la réussite vers "l’Est", Chicago d’abord. Si cette narration un peu décalée surprend, on apprécie le très beau portrait qui est ainsi fait d’Isadora Duncan, celui d’une femme spontanée pleine de vie, amoureuse de l’idéal communiste, qui va se confronter à la réalité d’un pays écrasé par la guerre civile, la famine, la dictature… Celui d’une artiste qui révolutionna la pratique de la danse, n’hésitant pas à danser pieds nus avec de simples voiles sur le corps. Le dessin à l’aquarelle est d’ailleurs particulièrement séduisant dans les scènes de danse en pleine page, hors-cadre, et dégageant mouvement et sensualité. Pour le reste, on regrette juste le choix d’Oubrerie de donner à Isadora toujours le même visage de jeune fille, qu’elle ait vingt ans ou cinquante.

Dessinateur : Clément Oubrerie - Scénariste : Julie Birmant - Editeur : Dargaud - Prix : 22,90 euros.