HELLO FUCKTOPIA

, par Estelle

Les états d’âme d’une post-ado un peu paumée dans un Paris loin d’être idyllique. Une préquelle à la série "Maliki" en plus sombre mais au scénario trop léger.

Entre "Maliki" et "Mali", il n’y a que deux lettres de moins et pourtant avec "Hello Fucktopia", on est à des kilomètres de l’humour mignon et félin de la première série de Souillon, "Maliki". A 19 ans, son casque audio vissé aux oreilles et le rêve de devenir dessinatrice, une jeune néo-Parisienne prénommée Mali traîne son désenchantement dans les bars glauques de la capitale et noie ses frustrations dans le whisky et les substances hallucinogènes. Elle peut heureusement compter sur Thémis et Stéphane, ses deux amis qui lui offrent un peu d’équilibre.
Mûri depuis des années par Souillon, "écrit et réécrit, abandonné et repris" et présenté comme une préquelle à la série "Maliki", "Hello Fucktopia" raconte le passage délicat de l’adolescence à l’âge adulte. Plus sombre, plus réaliste, plus adulte que "Maliki", l’humour reste toutefois bien présent au fil des 80 pages de ce one-shot, le graphisme dynamique entre le manga et le franco-belge est tout aussi efficace et l’ambiance réussie. La lecture est donc agréable malgré l’absence d’une véritable intrigue pour en faire une BD marquante car l’album est surtout construit comme une succession de saynètes - formant autant de tranches de vie et d’états d’âme de Mali - dont l’intérêt n’est pas toujours évident...