DE CAPE ET DE CROCS - Tome 11. Vingt mois avant

, par Estelle

Eusèbe, le candide lapin mignon de la saga, est de retour : il débarque dans la capitale pour devenir garde du Cardinal. Un récit en forme de préquelle à la hauteur des dix premiers opus !

C’est en 2012, dans le dixième tome de "De Cape et de Crocs", que l’aventure s’est achevée pour Messires Raynal de Maupertuis et Villalobos y Sangrin. Mais on n’ignorait pas alors que Masbou et Ayroles avaient l’intention de consacrer un diptyque - à la fois l’épilogue et le prologue de la série - à Eusèbe, leur craquant faire-valoir. Deux ans plus tard, revoilà donc le petit lapin blanc de la série dans un onzième tome certes mais une vraie préquelle qui répondra surement enfin à la question que l’on se pose depuis le début : comment le si gentil Eusèbe a-t-il bien pu se retrouver enchainé sur le banc d’une galère ? En attendant, c’est un rongeur déterminé qui quitte sa campagne pour se rendre à Paris chez Monsieur de Roquefort, ancien compagnon d’armes de son père, afin de devenir membre de la fameuse garde du Cardinal.
Hormis Eusèbe, décidément déjà aussi courageux que naïf et maladroit, les protagonistes sont nouveaux mais tout aussi improbables que dans la série originale ! Un poète ambulant malchanceux, un duc impitoyable, un montreur d’ours et un ours de montreur malhonnêtes, un singe spadassin à gages ou un chien marquis pédant, qu’ils soient principaux ou secondaires, les personnages sont hauts en couleurs et, sous le crayon de Masbou, leur expressivité est un régal. Parmi eux, les fameux mousquetaires d’Alexandre Dumas - le titre du 11e opus fait d’ailleurs directement référence au roman "Vingt ans après" de l’écrivain - représentés en Gascons bagarreurs et ivres parlant patois ! On retrouve également ici l’autre marque de fabrique de la série : les dialogues d’Ayroles maniant avec dextérité la langue, le vers et la rime. Les retrouvailles ne pouvaient pas être meilleures.
A noter pour les distraits que deux dernières planches très importantes se cachent après celle qui semble être la dernière !

- Delcourt