CERTAINS L’AIMENT NOIR

, par Estelle

Un épais recueil d’histoires cauchemardesques et macabres publiées à l’origine dans le magazine Fluide Glacial. De l’humour noir irrésistible.

Dans leur préface dessinée, Larcenet et Ferri résument parfaitement le style de Foerster : avec lui un mignon petit poussin deviendra forcément, sous son trait torturé et ses masses de noir à l’encre de Chine, un personnage monstrueux et inquiétant. Ce recueil de 48 histoires met en scène aussi bien un gamin timoré qui se fait tabasser dans sa nouvelle école diabolique qu’un autre, doté d’une seconde petite tête sur le cou et cloitré chez lui parce qu’il a le pouvoir de lâcher un fluide dévastateur... Ou encore les aventures de Théodule Gouâtremou, représentant de commerce qui rencontre un tas de clients bizarres, d’un machiavélique duo d’inventeurs à une jeune fille à l’appétit d’ogresse.

Parues à l’origine dans Fluide Glacial, les histoires de "Certains l’aiment noir" sont un véritable hommage à l’oeuvre de Foerster dont la collaboration avec le magazine a duré près de 20 ans à partir de 1979. Elles sont une plongée incroyable dans un monde fantastique cauchemardesque où les horreurs qui arrivent aux protagonistes - avec une préférence pour les déformations organiques répugnantes - suscitent un malaise accentué par des perspectives et des décors qui donnent le vertige.

L’imagination de l’auteur belge est remarquable et les chutes de ses histoires sont d’une efficacité redoutable. Devant tant d’horreurs et de cynisme, le lecteur ne peut que rire. A défaut, il sombrerait certainement dans la folie...