AMOUR, DJIHAD & RTT

, par Estelle

Cravate nouée autour de la tête, un employé de bureau se découvre djihadiste. Radicalisation et terrorisme sont au planning de ce thriller d’entreprise fendard.

La radicalisation djihadiste est un phénomène à ne surtout pas sous-estimer : elle peut arriver très vite et toucher n’importe qui, à commencer par Kowalsky, un petit employé de bureau - certes pas vraiment modèle - du 8e étage de l’administration départementale qui décide de prendre en otage ses collègues après s’être auto-radicalisé en regardant une vidéo sur Facebook.
Auteur notamment de strips d’actualité hebdomadaires publiés dans Les Échos et très actif sur les réseaux sociaux avec plus de 20.000 abonnés sur Twitter, le Belge Marc Dubuisson s’empare du sujet ultra sérieux de la radicalisation pour le transposer dans le monde de l’entreprise, qui passe soudain de la routine au chaos.
Le résultat est aussi absurde que fendard. Certes les dessins – des bonhommes bâtons surmontés d’une grosse tête – sont archi simplistes mais les dialogues et les situations engendrées par cet apprenti djihadiste ayant prêté allégeance à Alladin, ses collègues névrosés ou despotiques et les forces de l’ordre incompétentes font mouche. Au fil de strips en une page formant au final une même histoire, on s’interroge (peut-on récupérer les heures sup’ en RTT lors d’une prise d’otages ?), on se rebelle (il faut reprendre absolument le contrôle de l’appareil à dosettes), on parlemente (mais encore faut-il que le terroriste soit dans l’annuaire) et on offre ainsi à l’auteur de "Charles Charles profession Président" l’occasion d’aborder pêle-mêle le rôle des réseaux sociaux et des médias, le management, l’islamophobie ou encore le sexisme.

Dessin et scénario : Marc Dubuisson – Editeur : Delcourt, collection Pataquès – Prix : 12 euros.