Sodastream : la polémique continue

, par Estelle

Les organisateurs de la lettre ouverte contre l’entreprise israélienne réagissent aux propos du directeur du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême.

Il y a quelques jours, plus de 110 dessinateurs et travailleurs de l’industrie de la bande dessinée originaires d’une vingtaine de pays dont celles de 14 dessinateurs ayant reçu des prix à Angoulême et sept titulaires du Grand Prix avaient signé une lettre ouverte adressée au directeur du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (FIBD). Les signataires interpellaient Franck Bondoux sur le partenariat de la manifestation avec Sodastream, entreprise israélienne qui possède des usines dans les territoires palestiniens occupés.
Franck Bondoux a répondu dans le quotidien Sud Ouest que "la société Sodastream a annoncé courant 2014 que l’usine incriminée serait déplacée. Ce qui posait problème est en passe de se résoudre". "Dans le temps de l’actualité où nous sommes, (il n’est) pas certain que ces propos aussi poussés soient les bienvenus" a-t-il ajouté. Des affirmations qui, loin de calmer la polémique, ont de nouveau fait réagir les organisateurs de la lettre ouverte, Ethan Heitner et Dror Warschawski, dans une tribune du Nouvel Observateur : "En premier lieu, l’usine n’a pas encore été déplacée, et Sodastream est toujours sponsor du FIBD. En deuxième lieu, le "problème" n’est pas en passe de se résoudre puisque cela fait 67 ans que les Palestiniens attendent une solution. Enfin, les dessinateurs ne sauraient accepter que la bande dessinée soit utilisée par une entreprise qui, par ailleurs, profite de l’expulsion des bédouins palestiniens pour installer sa nouvelle usine, et participe ainsi à la politique de nettoyage ethnique entreprise par l’Etat israélien". Sodastream doit être "chassée" du FIBD, concluent-ils.

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