Nemo bat Pierrot le poisson clown

, par Estelle

La justice a jugé que Nemo, le héros des studios Disney, n’était pas inspiré du personnage de BD Pierrot le poisson clown.

Nemo qui rit, Pierrot qui pleure. La 3e chambre du tribunal de grande instance (TGI) de Paris vient en effet de débouter de ses demandes Flaven Scene, éditeur des aventures en bande dessinée de "Pierrot le poisson clown". L’éditeur français et Franck Le Calvez, l’auteur du personnage, estimaient en effet que Disney, les studios d’animation Pixar et le distributeur Hachette avaient commis une contrefaçon de marque et porté atteinte aux droits d’auteur en créant le personnage de Nemo. Selon eux, Disney s’est largement inspiré de "Pierrot le poisson-clown" sorti en novembre 2002, pour créer le célèbre poisson orange. Même l’histoire - la mort d’un parent et la longue errance du bébé poisson - aurait été plagiée.
Ce n’est pas la première fois que l’affaire était portée devant la justice : en mars 2004 déjà, le juge des référés de Paris avait jugé que les deux personnages "se ressemblent, mais ne sont pas similaires" et débouté Franck Le Calvez qui avait alors saisi le TGI sur le fond.
Ce mercredi 20 avril 2005, le TGI est donc allé dans le même sens, estimant que Nemo n’est pas inspiré de Pierrot. Mettant en cause la sincérité de sa démarche, le tribunal a même condamné l’éditeur français à payer 38.000 euros de dommages et intérêts aux sociétés attaquées et à leur rembourser 23.000 euros de frais de justice ! Dans son jugement, le TGI rappelle en effet que la société française a déposé la marque "Pierrot le poisson clown" le 18 février 2003 alors que les premières images de "Nemo" étaient déjà visibles sur des K7 et DVD d’autres films Disney depuis fin 2002. Selon le tribunal, Flaven Scene aurait en fait déposé sa marque en mars 2003 "uniquement dans le but d’opposer cette marque" aux créateurs de Nemo et "d’empêcher l’exploitation par les sociétés Walt Disney et Pixar de leurs produits dérivés". La démarche de l’éditeur constitue "une malignité caractéristique de la fraude" a estimé le tribunal qui a donc annulé le dépôt de la marque.