Le dessin de "Charlie Hebdo" qui choque l’Italie

, par Estelle

Internautes et élus italiens s’indignent d’un dessin sur le récent séisme paru dans le magazine satirique.

Charlie Hebdo est plus connu pour son sens de la provocation que pour son bon goût. Surfant comme à son habitude sur l’actualité et revendiquant le droit à la liberté d’expression absolue, l’hedomadaire satirique a donc publié un dessin du caricaturiste Félix sur le séisme en Italie du 24 août dernier qui a fait près de 300 morts. Sous le titre "Séisme à l’italienne", deux victimes vivantes mais ensanglantées sous les mentions "penne sauce tomate" et "penne gratinées" et des corps empilés sous des décombres, sous le mot "lasagnes"…
Rapidement, les internautes italiens mais aussi français ont exprimé leur colère sur les réseaux sociaux, aux cris de "Je ne suis pas Charlie". Le quotidien Corrierre della Serra a publié un article intitulé "Aujourd’hui, personne n’est Charlie", tandis que Il Messagero a évoqué une "indignation collective". La polémique a pris une telle ampleur que le monde politique s’est emparé de l’affaire. Indiquant respecter la liberté de la satire et de l’ironie, le ministre de la Justice, Andrea Orlando, a ainsi toutefois évoqué des dessins "répugnants". L’ambassade de France à Rome, embarrassée, a déclaré dans un communiqué : "Les opinions exprimés par les journalistes [...] ne représentent en rien la position de la France". Des dessinateurs ont au contraire exprimé leur soutien au magazine : "Etre choqué de voir de l’humour noir dans Charlie Hebdo, c’est comme être choqué de voir des gens à poil dans le Kamasutra", a déclaré Bidu sur Twitter.

La polémique n’a pas empêché Charlie Hebdo de répondre… en dessin évidemment - signé Coco et publié le 2 septembre 2016 sur internet -. "C’est pas Charlie Hebdo qui construit vos maisons, c’est la mafia !", lance une victime sous les gravats, faisant allusion aux défauts évidents dans la structure de certains bâtiments qui se sont effondrés et aux soupçons que la mafia ait pu s’emparer de certains chantiers de construction.