Le 9e art rend hommage aux victimes de "Charlie Hebdo"

, par Estelle

Depuis l’attentat du journal le 7 janvier, qui a causé la mort de douze personnes, les hommages des auteurs de bande dessinée affluent du monde entier.

Atterrés, dévastés, révoltés... les réactions à l’annonce de la mort de douze personnes dont les dessinateurs de presse Wolinski, Cabu, Charb et Honoré vont toutes dans le même sens : c’est la liberté d’expression qu’on assassine. Nombreux sont les auteurs de bande dessinée et les acteurs du 9e art à réagir depuis le 7 janvier 2015 par la parole ou en dessins.
"Le dessin, lui, est éternel et, dans nos coeurs, les dessinateurs disparus de "Charlie Hebdo" le
seront toujours aussi"
, a notamment communiqué le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême dès mercredi. "Je suis effondré, j’ai reçu cette nouvelle comme vous tous en pleine poire, je ressens à peu près les mêmes choses que j’ai pu ressentir le 11 septembre lors des attentats de New-York, j’ai l’impression qu’il y aura un avant et un après 7 janvier" a déclaré Philippe Geluck. Tomi Ungerer s’est dit lui "totalement bouleversé, je ne trouve pas les mots. Ca m’a touché moi, comme ça devrait toucher chaque personne imbue de liberté. On te liquide pour des dessins ou des écrits, il faudra un bout de temps pour digérer ça".
"Le choc évidement, c’est de penser que même les dessinateurs français, qu’on aurait pu croire protégés dans nos pays sont aussi dans la ligne de mire. Charlie Hebdo, c’est une institution française, un regard d‘impertinence critique parisien. Ils touchent là à quelque chose qui raconte une histoire. C’est une histoire Charlie Hebdo. Le journal, c’est la matrice des univers de la bande dessinée. On a coupé la tête à une histoire du dessin de presse", a affirmé François Schuiten.
"On pensait leur rire inattaquable, intouchable. On est dans l’obscurantisme absolu. Ils ont été exécutés pendant la conférence de rédaction, au moment où les idées fusaient, dans ce travail collectif. Ils étaient sur la marche du monde, c’était des vigies. C’est dramatique, on se sent tous orphelins" a expliqué Bilal au Figaro en invitant les dessinateurs à reprendre le flambeau car "la liberté d’expression est une cause à défendre, une nécessité"."Comme je suis dessi­na­teur, je ne sais faire que ça donc je conti­nue oui", a déclaré justement Willem avant de conclure : "Sinon ils ont gagné".