Grand Prix de la Ville d’Angoulême à "Charlie Hebdo" : les pour et les contre

, par Estelle

Alors qu’une pétition est en ligne pour que le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême décerne son prix le plus prestigieux à l’hebdomadaire, les organisateurs expliquent pourquoi ils y sont opposés.

Des auteurs de bande dessinée, dont Gwen de Bonneval, se sont mobilisés il y a quelques jours pour lancer une pétition en ligne afin de demander aux organisateurs du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême de décerner le Grand Prix de la ville d’Angoulême 2015 à Charlie Hebdo. "Donner le Grand Prix à Charlie, c’est retrouver le journal à Angoulême en 2016 (le Grand Prix devient automatiquement président de l’édition suivante, ndlr)", expliquent les initiateurs de la pétition, "c’est donner un peu de perspective, c’est faire en sorte que, concrètement, l’élan spontané de solidarité ne s’épuise pas. Et c’est aussi l’occasion de montrer à tous qui est Charlie". La pétition a recueilli pour l’instant près de 600 signatures.
Mais du côté du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, on ne partage pas le même avis : "Même si attribuer le Grand Prix du Festival d’Angoulême à Charlie Hebdo a été un premier réflexe, il est apparu que cette idée n’était pas forcément la meilleure". Deux raisons à cela selon les organisateurs : d’une part parce que près de 2.000 auteurs ont déjà voté pour élire le Grand Prix 2015, "un geste démocratique" que le festival ne souhaite pas annuler ; ensuite parce qu’attribuer le Grand Prix 2015 à Charlie Hebdo "n’ouvrira pas vers le futur", n’aura pas de "résonance dans l’avenir".
A cet égard, le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême réitère donc son intention de créer comme il l’avait annoncé il y a quelques jours un "Prix de la liberté d’expression" qui associera le nom de "Charlie" "si ceux qui en détiennent la légitimité sont d’accord."