Des indépendantistes bretons boycottent le film "Bécassine"

, par Estelle

L’adaptation au cinéma des aventures en BD de la naïve Bretonne débarque sur les écrans en juin 2018. "Une insulte à toutes les femmes de Bretagne", selon le collectif Dispac’h.

Le film "Bécassine !" de Bruno Podalydès ("Comme un avion") sort sur les écrans le 20 juin prochain, avec dans le rôle de la brave Bretonne à la bouille ronde et au nez en bouton, Emeline Bayart ("Cherchez la femme"). Au casting également, Karine Viard (la patronne parisienne de Bécassine), Michel Vuillermoz, Vimala Pons et Josiane Balasko.
Une adaptation qui n’est pas du goût de Dispac’h, un collectif breton "indépendantiste, anticapitaliste, féministe, écologiste et internationaliste" qui appelle au boycott du film et à des actions non violentes lors des avant-premières prévues en Bretagne. Raison de sa colère : "L’immigration bretonne n’avait rien de la naïveté joyeuse qu’expose le film Bécassine. En plus du mensonge historique, ce film est une insulte à la mémoire de notre peuple, une insulte à toutes les femmes de Bretagne et à toutes les femmes qui connaissent ou ont connu l’immigration." Et d’ajouter : "Opprimées parce que femmes, stigmatisées parce que Bretonnes, exploitées parce que prolétaires, voilà la seule réalité qui s’applique à Bécassine. Si vous voulez montrer Bécassine à l’écran laissez la parler, montrez ses souffrances et ses révoltes".
Annaik Labornez, alias Bécassine, est apparue pour la première fois le 2 février 1905 dans le premier numéro d’un journal destiné aux petites filles, La Semaine de Suzette. La première planche est signée Jacqueline Rivière pour le scénario et Joseph-Porphyre Pinchon pour les illustrations. Le scénario sera repris dans les années 1910 par Caumery, pseudo de Maurice Languereau, l’éditeur de La Semaine de Suzette. Le journal continuera de publier les aventures de Bécassine jusqu’en 1950. Des albums seront également publiés à partir de 1913.